Avec Sylvie, nous cousons en coeur et apparemment nous lisons également de concert.

les heures souterraines

Nous abordons chacun(e) un livre par le biais de notre vécu et ce livre me parle particulièrement.

Je l'ai choisi parce que j'aime l'écriture de Delphine de Vigan et que le thème central - du moins celui que j'ai reconnu comme central, d'autre pourront y voir l'amour toxique ou les destins brisés - laisse comme un fort goût amer dans ma bouche et mon coeur.

A tel point que les chapitres concernant Thibault ne me laissent aucun souvenir quand ceux narrant Mathilde sont déjà gravés dans ma mémoire !

Malheureusement un peu court à mon goût, une phrase m'a permis de refermer ce livre sur du positif, presque apaisée.

Lorsque Mathilde demande à son DRH si elle a engendré cette situation par sa faiblesse, ou un quelconque statut - inconscient - de victime cette dernière lui répond :

" Je ne crois pas, non. Je crois que c'est votre capacité à résister qui vous désigne comme cible."

J'ai connu son parcours à deux reprises dans deux contextes professionnels fondamentalement différents.

Au point de me dire qu'étant le seul paramètre récurrent, je ne pouvais qu'être responsable et donc coupable. 

Mais ce livre m'a permis de remettre les choses dans leur contexte.

J'ai réalisé que la première fois, j'ai subi un rachat sauvage d'une entreprise à taille humaine par un gros groupe - j'ai passé quelques mois, comme Mathilde, dans un "placard" avec un PC "vide" sans aucun lien social - dont l'objectif avoué était de nous faire démissionner. Je n'ai pas "lâché l'affaire", j'ai "juste" pris 30 kilos pour "tenir" et ne pas écrire cette p%tain de lettre.

Cette capacité à résister, est-ce vraiment une bonne chose ?...

On en ressort fier mais épuisé moralement ...

Et comme si ça ne suffisait pas, on a remis ça ...

Cette fois-ci, dans un autre univers professionnel, le travail de sape a duré bien plus longtemps, mais comme je n'avais pas compris le message la première fois, j'ai encore voulu faire ma fière, me tenir droite et résister.

Mais cette fois-ci, un beau bureau, un statut, l'incidieux est ailleurs ...

Et puis l'attaque est personnelle, ciblée ...

Et là, le corps et l'esprit ont dit stop, ils ont décidé que peut-être une vilaine maladie me ferait enfin prendre conscience de l'inconscience de ma résistance ...

J'ai lu un commentaire sur ce livre qui m'a fait beaucoup rire, la lectrice trouvait que Delphine y allait un peu fort, qu'avoir vécu des vies pareilles pour les personnes principaux, ça n'existe que dans la fiction ... Madame la lectrice vivrait-elle dans une bulle ?

Je ne fais pas ici le procès d'entreprises.

La définition qu'en fait DDV dans ce livre me parait cependant tellement exacte :

" Aujourd'hui, l'entreprise est un lieu qui broie.

Un lieu totalitaire, un lieu de prédation, un lieu de mystification et d'abus de pouvoir, un lieu de trahision et de médiocrité. "

Je sais que mon parcours est hors norme, j'ai "pratiqué" beaucoup d'entreprises depuis mes 16 ans.

Que le quotidien d'une TPE, d'une PME, n'est pas celle d'une TGE.

Ce message n'est pas matière à polémique, il fait écho au livre de Delphine de Vigan, qui m'a, vous l'aurez compris,  plu.