Ce blog va finir par devenir exclusivement un blog de témoignage si je ne me remets pas très sérieusement à la couture et au tricot !!

Donc, je suis allée au bout de ce délire : je suis montée sur les planches et même 4 fois !

C'était vraiment improbable cette histoire, et pourtant j'ai atteint cet objectif que je pensais absolument irréalisable ...

Jusqu'au début de la première représentation j'ai craint de perdre mes moyens et d'oublier totalement mon texte.

Ce qui aurait absolument pu être le cas pour la Cécile 2.0 mais Dieu merci nous sommes passées à Cilou 4.0 ...

Afin d'être dans les meilleures conditions pour ne pas me bananer ou au moins limiter la casse, je me suis préparée mentalement et physiquement : yoga, nage, beaucoup de sommeil - en même temps c'est un besoin VITAL pour moi, merci la fatigue chronique et son amie l'inflammation ! -, du Gelsenium et de la cohérence cardiaque pour les angoisses, du météospasmine pour le bide qui joue la mongolfière avec le stress et un mantra que je me suis répétée sans cesse au risque de me ridiculiser devant mon ado : "je connais parfaitement mes textes, je connais parfaitement la conduite de spectacle, les spectateurs vont être bienveillants, je vais me faire plaisir !".

Finalement, je dois avouer que je n'ai pas eu d'attaque de panique avant les représentations et que l'angoisse ne m'a pas envahie avant la première représentation.

J'avais signé un contrat avec moi-même : me faire PLAISIR, point barre !

Mon coeur a gardé un rythme correct même si mes mains tremblaient.

J'ai réussi à faire abstraction du public bien que plusieurs scènes nécessitaient que je m'adresse directement à eux en les fixant - LE truc flippant ! -.

Le public avait été prévenu par notre prof, actrice et mettrice en scène, "il y a deux débutantes dont une qui n'a démarré qu'en février, alors soyez bienveillants !".

Mettrice, metteuse, metteure, tu dis comme tu veux mais mettrice me semble plus "féminin" et Dieu que ce spectacle était FEMININ et engagé !

Nous étions 6 femmes sur scène qui avions choisi différents textes autour des thèmes du temps et du travail.

Le travail, pour une nana qui se remet difficilement d'un Burn Out vieux de 10 ans, c'est vraiment comique !

Malgré des textes sans lien, notre prof a mis en scène un spectacle complètement cohérent.

C'est une aventure humaine incroyable - la semaine des représentations, j'ai passé plus de temps avec mes copines de théâtre qu'avec mon mari ! -, énergivore mais tellement enrichissante !

J'avais vaguement touché du doigt le théâtre lors des Festivals d'Avignon, je me demande d'ailleurs si cela n'a pas joué dans mon envie !

Mais il y avait surtout le besoin de me confronter au regard et au jugement de l'autre pour savoir si enfin il ne m'était plus insupportable.

Merci à l'EMDR qui m'a débarrassée de cette angoisse qui me collait comme un chewing gum depuis 47 ans ...

Ma mémoire me tracassait beaucoup.

Parce que même si j'ai gardé une activité intellectuelle soutenue depuis mon inactivité professionnelle, j'avais l'impression d'avoir perdu en capacité de mémorisation.

Je pensais que le Burn out avait laissé des séquelles irréversibles dans ma mémoire alors apprendre mes textes a été au départ laborieux, on est bien ce qu'on pense, il n'y a pas de doute là-dessus !!!

Je faisais une erreur stratégique, j'essayais d'apprendre comme à 20 ans quand la musique à fond, il me suffisait de lire mes textes avec attention pour qu'ils s'impriment sur ma rétine.

Ma mémoire visuelle était alors au top.

Je visualisais mes cours pendant mes évaluations.

Je n'avais donc pas besoin de beaucoup de sueur, oserais-je dire je n'avais pas besoin de bosser pour mémoriser, BREF je n'ai jamais appris par coeur.

Et l'ado est comme l'était sa mère, elle "est incapable" d'apprendre par coeur, du moins le pense-t'elle !

28 ans ont passé - OMG ... ça m'apprendra à compter !! - et J'AI changé donc ma mémoire avait sans doute aussi évolué...

Je n'ai percuté que quelques jours avant les représentations quand la maison brûlait !

Alors, j'ai tout essayé, testé mes différentes formes de mémoire et tiens toi bien, c'est le par coeur qui a gagné !!!

Un texte m'a particulièrement causée problème.

J'avais 12 phrases à dire dans un dialogue à 6, 12 malheureuses phrases !

N'arrivant pas à les retenir, je me suis creusée la tête pour qu'elles s'impriment dans mon cerveau.

J'ai pris la première lettre de chaque phrase, afin d'apprendre chacune des phrases.

Je réussissais effectivement à retrouver la phrase quand je voyais la première lettre mais j'étais toujours incapable de retenir les 12 phrases .. l'avant veille de la première représentation ...

J'avais trouvé la solution de secours, écrire sur mon avant-bras la première lettre de chaque phrase.

Mais je suis têtue et j'étais vexée de ne pas y arriver.

Alors, la veille de la dernière répétition, en rentrant de répétition, après une séance de respiration et de mantra "tu es capable", j'ai tenté d'apprendre par coeur mon texte.

Un peu en désespoir de cause et sans être dans les meilleures conditions !

Et, j'ai réussi !

Je connaissais parfaitement mon texte à la dernière répétion.

Ce n'était pas le seul texte évidemment mais les autres étaient intégrés, je les avais répétés et répétés inlassablement dans de multiples situations pour ne pas être prise trop au dépourvu.

Parce que c'est plus difficile de retranscrire un texte en faisant la vaisselle qu'assise tranquilou dans le canapé.

J'ai hésité à mettre mes premières lettres sur mon avans-bras "au cas où" mais j'ai écouté mes amies et JE ME SUIS FAITE CONFIANCE !

Et j'ai bien fait, merci les filles !

C'est bien beau de connaître son texte, mais on peut aussi être déstabilisée par un texte dit différemment par celle(s) avec qui on joue. Qui plus est quand les mots changent le sens et rendent vos mots incongrus ... Ca m'est arrivé lors de la dernière représentation et la pirouette auquelle j'ai eu recours n'a semble-t'il perturbé que moi ! Pas facile de savoir se détacher du texte laborieusement appris quand c'est nécessaire !

Je te disais que le spectacle était engagé, je ne m'en suis réellement rendue compte que lors de la dernière représentation, quand j'étais assez à l'aise pour être bien dans mon rôle et en mesure d'écouter vraiment les copines !

Que veux-tu, une mettrice en scène, 6 "actrices", une conjonction de paramètres pour faire du "Women Power" !

Je suis fière d'avoir participé à cette aventure, j'ai découvert un milieu qui m'était totalement inconnu, j'ai appris beaucoup et encore plus sur moi, j'ai noué de belles relations.

Dans la première scène du spectacle, nous prenons notre petit déjeuner, nous avions donc besoin d'un mug et Lucile - ma complice des Tricofils se réunissent - m'en a offert un "clin d'oeil" la semaine du spectacle, il est évidemment monté sur les planches avec moi !

Les superbes photos sont le résultat du talent d'une merveilleuse amie Nathalie, qui m'a soutenue dans cette aventure !

Tout était réuni pour que ce soit une belle aventure !

Sans oublier le lieu, le Castelas, une superbe église du Moyen-Age, qui a dû voir passer un paquet d'âmes !

Je crois bien que j'ai un peu bluffé ma fille et mon mari qui sont aussi de terribles "traqueux" et qui se demandaient comme moi comment j'allais dépasser ma peur !

Je suis très fière de cette expérience réussie et je crois bien que je vais remettre ça !

 

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castelas

mug

 

Au Feu

Bulles

 

Cilou

 

 

Le Ciel